mercredi 26 février 2014

Sur la route des Indes
Carnet de voyage


Emilie Biver



Char de Virampattinam, XIXème siècle, Tamil Nadu, peinture à la détrempe
Paris, musée des Arts Asiatiques Guimet, Thierry Ollivier

Sur la route des Indes
Une description de la visite

En ce samedi 25 janvier 2014, nous sommes allés au musée de Châlons qui proposait une exposition à propos des Indes.

Nous y avons vu des statuettes des dieux hindous. 

Les trois dieux principaux s'appellent :
- Vishnou, qui protège et conserve le monde contre les menaces.
- Brahma, qui reconstruit le monde.
- Shiva, qui détruit le monde en dansant.

Contrairement à ce que je pensais, le bouddhisme a été remplacé au XVIIème siècle par l'hindouisme.

Lors de la visite, nous avons vu une maquette d'un temple dédié à Shiva (voir image ci-dessous) :


Photo Musée des Beaux-Arts de Châlons-en-Champagne

1- GOPURA
2- NANDIN
3- LINGA

Dans la cour du temple se trouvaient des statues comme celle de Ganesh ou encore Subrahmanya. Les statues, fabriquées en granit, un matériau lourd mais friable, représentent les dieux et déesses que l'on peut reconnaître grâce à des caractéristiques (Subrahmanya et son paon). Le guide nous a raconté des légendes et des histoires captivantes sur les dieux et les déesses, comme l'histoire de la défense cassée de Ganesh qui expliquerait pour les hindous le cycle de la lune et du soleil, ou encore la légende de sa tête d'éléphant.

Histoire de l'étrange tête de Ganesh

Parvatî, une des épouses de Shiva, conçut seule un enfant alors que son époux était à la guerre. Cet enfant s'appelait Ganesh. Parvatî, ne voulant plus être dérangée, demanda à son fils de monter la garde devant sa chambre. Ganesh le fit gentiment et avec obéissance. Il empêcha toute intrusion dans la chambre de sa mère. Il exécuta cette tâche longtemps sans bouger, jusqu'au jour où Shiva revint et voulut entrer. Ganesh fit ce que sa mère lui avait demandé: il empêcha Shiva d'entrer. Alors le dieu s'énerva et de colère lui coupa la tête. Parvatî devint triste et pour la consoler, Shiva décida de redonner vie à Ganesh en retrouvant sa tête; Malheureusement, elle avait disparu. Alors Shiva sortit dans la rue et prit la tête du premier animal qu'il vit : un éléphant.Ainsi il fit revivre Ganesh en assemblant son corps avec la tête de l'animal et l'accepta comme son vrai fils.

La société indienne

En Inde, tout le monde ne peut pas entrer dans un temple. En effet la société indienne se base sur un système de castes qui a normalement disparu puisqu'il s'agit aujourd'hui d'une société démocratique, mais les castes sont liées à la religion hindouiste et donc cela reste très présent.

Les gens qui constituent la "basse" caste s'appellent les Intouchables. Ils ne disposent d'aucun droit ni privilège. Ils ne peuvent passer par la "Gopura", qui est la porte du temple.Ensuite, les hindous de la caste moyenne n'ont que la permission d'entrer dans la cour. Ils marchant tout autour du temple pour prier devant chaque statue de dieu, en commençant par Ganesh. On débute toujours par lui car il possède la particularité de "lever les obstacles", et donne donc la possibilité de faire le tour des statues en priant sans souci. Enfin les membres de la caste la plus haut placée, les prêtres, peuvent pénétrer dans le temple.

Les habitants de l'Inde croient en la réincarnation, c'est-à-dire le fait de revivre plusieurs fois. La société des castes se répartit en raison de cette croyance. Par exemple, si dans sa vie quelqu'un de la caste moyenne accomplit de bonnes actions, dans sa vie prochaine, il appartiendra à la caste supérieure. Si au contraire il en accomplit de mauvaises, il descend dans la société. Un Intouchable, s'il n'a pas fait de bonne action, peut devenir dans sa vie future un animal.

Marie Pouchin

Sur la route des Indes
Carnet de voyage

Sur la route des Indes
Un ingénieur français dans le Tamil Nadu

Photo Florine Gervaise 2014


Les temples hindous

Les temples hindous sont construits selon une disposition bien particulière. L'enceinte est close par un mur l'entourant et l'entrée est symbolisée par une construction appelée Gopura très richement décorée.
En pénétrant dans l'enceinte, nous faisons face au Vâhana du dieu vénéré dans le temple, soit la monture appartenant à cette divinité et qui lui permet de quitter le temple s'il estime qu'il n'y est pas assez honoré. Le long du mur nous constatons la présence de statues en granit à l'effigie de divers dieux : le fidèle n'étant pas autorisé à entrer dans le temple, il longe ce mur en priant chaque divinité devant laquelle il passe, la première étant toujours Ganesh, le dieu qui lève les obstacles et permet aux fidèles de cheminer sans entraves. A l'opposé du Gopura se trouve le temple, qui s'élève plus haut que les autres constructions. Seuls les brâhmanes, prêtres hindous, sont considérés comme suffisamment purs pour entrer dans le temple: l'intérieur n'est donc normalement connu que d'eux seuls. Nous savons néanmoins qu'au centre se trouve la statue dans laquelle vit le dieu du temple.





Croire,
Vénérer, respecter, prier les dieux,
Espérer qu'ils seront bons.
Eriger des temples
En leur honneur,
Offrandes,
Cérémonies
Sacrifices rituels,
Dévotion,
Piété, culte, zèle.

Se donner corps et âme aux divinités,
Et continuer de croire en leur existence.




La société indienne est divisée en castes : les brâhmanes représentent la plus haute caste. La seconde regroupe les classes moyennes
 Les Intouchables constituant la caste la plus basse, ils n'ont aucun droit civil ni aucune reconnaissance par la société. Les actions positives ou négatives réalisées par les hindouistes déterminent la caste dans laquelle ils se réincarneront. C'est la seule façon d'effectuer un changement de castes, car elles sont héréditaires. Bien que selon la Constitution les castes aient été abolies, ce système est encore très présent en Inde. Ainsi, faire partie des Intouchables ou ne pas être hindouiste interdit l'accès aux temples et autres lieux de prière. Ils doivent donc se résigner à longer le mur entourant les temples par l'extérieur. Si l'enceinte est pénétrée par un "impur", le temple est considéré comme souillé et se voit abandonné avec toutes ses statues. C'est dans un temple en ruines et avec l'accord des habitants que Pierre-Eugène Lamairesse a eu l'opportunité de rapporter toutes ces statues en France.

Florine Gervaise


samedi 22 février 2014



Sur la route des Indes
Carnet de voyage


Surprise

Je viens de m'apercevoir que penser peut parfois induire en erreur, car moi qui m'imaginais le contenu d'un musée comme ennuyeux, je fus très surprise : lors de cette visite je me sentis transportée comme si j'étais vraiment dans un temple, avec ses centaines de statues, soit en pierre, et pouvant peser vraiment lourd et se casser très facilement, donc difficiles à sculpter, soit en métal où les détails sont plus visibles... Leurs histoires lointaines sont sculptées à travers ces idoles, par les maîtres indiens, avec le plus grand soin. L'obscurité où elles sont plongées fait rêver à ce qu'elles ont pu traverser en venant jusqu'ici, et leur disposition nous permet d'évoluer comme si on parcourait un vrai temple : à l'extérieur les statues de pierre, et quand on rentre à l'intérieur, on trouve les statues en métal.


Nicolas d'Anzi 2014

Légendes

Cette expédition nous a conduits dans un temple, qui sert à garder précieusement des idoles, qui sont des divinités très puissantes pour ces peuples hindous. Elles représentent beaucoup pour eux, les dieux sont leur protection quotidienne. Toutes ces sculptures racontent une histoire : comme celle de Ganesh qui porte une tête d'éléphant sur un corps humain, mais qui est un homme en réalité... Intéressant ne serait pas le mot, EXTRAORDINAIRE oui !

Emerveillement

Partir, découvrir veut dire s'évader
Du monde qui nous entoure
De la vie de tous les jours
Et pouvoir rêver en tranquillité
Je commence à voir quelque chose
De grand, de gigantesque je dirais
La découverte de ce lieu me stupéfie
Je vois ensuite une pierre sculptée devant mes yeux
L'enfance me revient
Cet émerveillement devant un jouet
C'était le même
Et ce sourire qui nous anime soudain
Seule face à ces statues je comprends
Que nous l'avons tous au fond de nous
Cette âme d'enfant, la joie de vivre
Qui nous accompagne chaque jour

Pouvoir rêver, la plus belle des récompenses!

Nancy-Kelly Soumahoro



Découverte du métier d'écrivain


(c) Ellen Herzfeld/Quarante-Deux, 2012

Dans le cadre du concours d’écriture « Nouvelles des marges » du lycée Bayen
Pierre Stolze fait parler les ascenseurs

Une fois n’est pas coutume, ce mardi 28 janvier, c’est en-dehors de la salle de cours, au milieu des livres du C.D.I., que les classes de 2nde 7 et de 1ère L2 ont successivement échangé avec Pierre Stolze, romancier et nouvelliste de science-fiction, sur ses motivations, ses sources d’inspiration, sa méthode d’écriture et même sa rémunération.

Le dialogue avait été préparé en amont par un travail sur le recueil de nouvelles La Maison Usher ne chutera pas, prix du jury littéraire du festival de Gérardmer 1999. La rencontre avait été rendue possible grâce au financement accordé par la toute nouvelle Maison des Lycéens, et organisée par Mme Deguerne, professeur documentaliste, M.Barrière, professeur d’Anglais, et Mme Hugenell, professeur de Lettres.

Lorraine et dragon


L’univers de l’écrivain est un univers loufoque et décalé. Sa Lorraine natale devient le lieu d’improbables événements : des puissances stellaires habitent en H.L.M., un dragon affamé engloutit une centrale nucléaire, un vieil homme insupportable laisse se creuser un insondable fossé autour de sa maison, jusqu’à menacer les lois cosmiques, rien que pour se rendre intéressant. Les personnages sont truculents, amoureux de la vie où ils croquent à belles dents. Une bouffée réconfortante d’optimisme, à l’image du titre qui s’oppose résolument à la noirceur d’Edgar Allan Poe, le grand maître du fantastique.

Pas besoin d’aller chercher l’inspiration trop loin ! Selon Pierre Stolze « dans le fantastique, c’est facile de partir de son train-train quotidien, d’imaginer un élément qui cloche, et qui cloche de plus en plus. » Déménager, tondre la pelouse ou prendre l’ascenseur peut devenir une extraordinaire aventure…

Marilyn Monroe et les samouraïs du Père Noël

Autre possibilité : exploiter les images bizarres qui naissent dans cet état intermédiaire entre la veille et le sommeil que Pierre Stolze appelle joliment l’état hypnagogique, en les reliant pour constituer un récit cohérent. Ainsi est né son roman le plus célèbre, Marilyn Monroe et les samouraïs du Père Noël. A la différence du fantastique, tout reçoit dans ce livre de science-fiction une explication rationnelle, entre clonage et distorsions spatio-temporelles.

Forts de ces conseils, les élèves sont conviés à leur tour à écrire une nouvelle dans l’un des genres de l’imaginaire : fantastique, merveilleux, fantasy, urban fantasy, science fiction, anticipation, uchronie, steampunk, suspense, horreur, sur le thème des « légendes urbaines ». Les nouvelles seront soumises à un jury composé d’élèves et d’enseignants, qui déterminera cinq gagnants.

Après des applaudissements mérités, Pierre Stolze s’est livré de bonne grâce à la traditionnelle séance de dédicaces.

Gageons que sa gentillesse, sa bonne humeur et ses indications très concrètes auront réussi à stimuler les apprentis écrivains !

vendredi 3 janvier 2014

Présentation du théâtre d'ombres




Le samedi 14 décembre 2013 nous avons reçu la visite de Narguess Majd et d'Alain Lecucq, de la compagnie Papier théâtre. Ces deux artistes se produisent un peu partout dans le monde, pour partager aux autres la technique du théâtre de papier, mais aussi du théâtre d'ombres. Le théâtre d'ombres est très ancien, les premières ombres étaient corporelles.



Le théâtre d'ombres consiste à projeter sur un écran blanc des ombres produites par des silhouettes humaines ou non humaines, à l'aide d'une source de lumière qui se situe derrière. Grâce à cette méthode nous pouvons mettre en scène de nombreuses histoires imaginées ou inspirées d'un roman ou d'un film. Les ombres les plus répandues sont les ombres chinoises. 



Le théâtre d'ombres est un art à la portée de tous : il est simple à réaliser, il suffit d'un drap tendu et d'une partie de son corps, la main par exemple, ou alors d'un bout de papier découpé.


Clémence Prével






Pour produire une ombre, on se met de profil ou de face, en faisant des mouvements ou non. On choisit le type d'ombres selon l'histoire. Le matériel utilisé par Alain et Narguess consistait en un drap blanc maintenu par des pinces à linge entre deux mâts et d'un projecteur avec une lumière forte, ce qui permettait de faire des ombres très nettes.

Ainsi en jouant avec son ombre corporelle, on remarque que plus on est près du drap, plus l'ombre projetée est nette.

En ce qui concerne la technique de la silhouette, on distingue deux types d'ombres : les ombres portées qui se caractérisent par le fait que l'on porte la figurine au-dessus de soi, et les ombres appuyées, lorsque l'on tient la marionnette devant soi.

Loubna Haddach


Le tour du monde des ombres

Durant cette rencontre, de nombreuses ombres nous ont été montrées, parmi lesquelles se trouvaient des ombres chinoises, indiennes et javanaises.

Les ombres chinoises




En premier lieu, les ombres chinoises sont de taille moyenne, en cuir peint, alternant couleurs vives et transparence. Les montreurs d'ombres conservent plusieurs corps et plusieurs têtes qu'ils adaptent selon l'histoire mise en scène. La particularité de ces ombres est en effet leur tête amovible.Les formes, les couleurs et les découpages sont très raffinés et la finition perfectionnée. Nous avons vu, par exemple, un cavalier sur son cheval, maintenu par trois baguettes, et dont les détails étaient vraiment beaux. Leur renommée est mondiale.


Les ombres indiennes




Ensuite nous avons vu les ombres indiennes, qui sont de grande taille et dont le raffinement équivaut à celui des ombres chinoises. Elles sont très colorées et représentent fréquemment des démons ou des dieux intervenant dans les pièces qui relatent les origines de la religion. Les spectacles durent longtemps, et sont donc entrecoupés d'entractes où des ombres farcesques jouent des saynètes comiques, critiquant souvent les dirigeants du pays et amusant le public.



Ombre farcesque


Les ombres javanaises

Finalement nous ont été présentées les ombres javanaises. Ce sont des ombres portées, elles sont donc de taille considérable. La tradition veut que ces ombres soient peintes seulement du côté des dieux, soit le côté des montreurs d'ombres : les spectateurs ne voient pas les couleurs des ombres. Les bras et les têtes des personnages sont démesurés, ce qui permet de renforcer l'expressivité et de donner plus d'intensité et de réalisme aux scènes présentées. Le travail effectué sur le cuir est précis, ce qui les rend visuellement très agréables.

Ces trois types d'ombres sont pour moi les plus belles qui existent...

Florine Gervaise



Les ombres syriennes




Après la présentation des ombres de Java vint le tour de celles de Syrie. Elles représentaient des scènes entières, avec décor intégré.

Les ombres russes et japonaises




Dans d'autres pays également, les ombres ne représentaient pas seulement des personnages individuels, mais tout un groupe, comme en Russie, ou comme au Japon : une ombre de Tokyo représentait des enfants transportant une jarre, et seuls leurs pieds étaient articulés.


Les ombres turques

Nous avons beaucoup appris sur le théâtre d'ombres en Turquie : il traitait de sujets sexuels et politiques. Mais ces sujets ont été interdits car jugés trop francs et critiques vis-à-vis de l'Etat. De nos jours, le théâtre d'ombres est surtout joué pour les enfants.

Les ombres françaises 



Alain Lecucq ne nous a montré qu'une seule ombre française, mais quelle ombre ! C'était celle du directeur de la chocolaterie dans le spectacle qu'Alain avait tiré du célèbre livre Charlie et la chocolaterie.

Emilie Biver

Les différentes ombres qui nous ont été montrées étaient magnifiques. Leur matière et leurs couleurs m'ont montré que le théâtre d'ombres était une passion où l'on peut se lâcher et laisser parler son imagination.

Sonia Richez


Le parcours des artistes de Papierthéâtre

Alain Lecucq a commencé à s'intéresser aux marionnettes à l'âge de 23 ans, en décembre 1968 alors qu'il se trouvait à Londres. Il ne connaissait alors rien aux marionnettes, mais était fasciné par la possibilité de voyager aux quatre coins du monde. 

Lors de ces premières années, Alain se concentra sur le théâtre d'ombres., puis se pencha sur le théâtre de papier pour en faire son unique style de jeu.Il créa plus tard la compagnie Papierthéâtre. En 2007, alors qu'il dirigeait un stage en Iran, il rencontra une jeune Iranienne passionnée par cette forme de théâtre, Narguess Majd et lui proposa de travailler avec lui. 

Alexandre Capon



Narguess est diplômée du Département des Arts de la Marionnette de l'Université de Téhéran. C'est là-bas qu'Alain Lecucq l'a repérée et lui a proposé de venir en France. 

Depuis 2007, Alain et Narguess travaillent ensemble sur le théâtre de papier. Leurs pièces sont souvent inspirées d'oeuvres littéraires qui leur ont plu et qu'ils veulent donc partager au public. 

Lorsqu'ils travaillent sur un nouveau spectacle, ils vont en parallèle former de nouveaux artistes aux quatre coins du monde. Ils sont déjà allés dans plusieurs pays tels que la Belgique, le Mexique, le Cameroun, l'Iran, etc. Ils vont également dans des collèges ou des lycées pour aider les élèves à mettre en scène un spectacle comme ils vont le faire avec notre classe. 

Charlotte David


La première collaboration de Papierthéâtre avec le lycée Pierre Bayen a eu lieu durant l'année scolaire 2010-2011, pour un spectacle intitulé Fantapier en pastique, conçu à partir d'un choix de nouvelles fantastiques. 

Voir l'article ci-dessous :

http://www.lunion.presse.fr/article/culture-et-loisirs/lycee-pierre-bayen-ils-ont-decouvert-le-theatre-de-papier



jeudi 2 janvier 2014

En route pour 2014


Le  véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

Marcel Proust

samedi 14 décembre 2013

Partir...

                                                                                Livre de Poche 1972



Jim Hawkins                                                               7 avril 1750
Sur les quais de Bristol

Chère Mère,

je t'écris cette lettre pour t'annoncer mon départ pour l'île au trésor. Nous appareillerons à l'aube au moment où la marée et les vents sont le plus favorables. Le bateau sur lequel nous naviguerons est magnifique. On peut voir que sa fabrication a été réalisée avec grand soin, ce qui pour mes camarades et moi est un gage de fiabilité. Notre voyage est placé sous les meilleurs auspices, je te l'assure, mère. Je serai entouré d'hommes droits et pleins d'honneur, tels que le docteur Livesey, le chevalier Trelawney, le capitaine Smollett, et notre maître-coq Long John Silver, qui est uu homme bien, et encore d'autres braves gens.

Malgré mes quatorze ans, je dois y aller, je n'ai pas d'autre choix, je dois le faire pour notre famille, car sans Père, nous n'arriverons jamais à nous en sortir. Ce trésor représente notre dernier espoir d'être à l'abri du besoin et d'avoir enfin une vie paisible que Père, malgré tout son travail et ses sacrifices, n'a pu t'offrir.

Je sais que je vais au devant de difficultés que je n'imagine probablement pas, mais, tu dois me comprendre, cette aventure me donnera la preuve que je suis également un homme digne de confiance et courageux, comme Père l'aurait voulu. Encore une fois, fais-moi confiance. Je sais que ceux qui partent au loin souffrent de maux pouvant conduire à la mort. Mais ce voyage a été préparé avec soin, et je suis certain que nous ferons face... notamment au problème de la nourriture, souvent épouvantable à bord d'après les récits de marins que j'ai souvent entendus à la taverne, grâce au maître-coq Long John Silver qui embarque avec nous et dont tout le monde dit le plus grand bien. Le capitaine a par ailleurs pris l'assurance de pouvoir lutter contre le scorbut en approvisionnant le navire avec un tonneau de pommes, si grand que je pourrais me glisser dedans. Ainsi nous éviterons de nous affaiblir et de passer de vie à trépas après avoir perdu toutes nos dents.

Notre destination nous conduira inévitablement au devant de ce tempêtes effrayantes et si puissantes que bien des bateaux n'y ont pas survécu. Mais nous avons, comme je te l'ai dit, un navire fort et robuste, sur lequel ont embarqués de véritables loups de mer, aguerris, prêts à donner leur vie pour le capitaine Smollett dont les exploits en mer sont connus de tous et en qui j'ai une grande confiance.

Bien entendu, nous risquons de croiser des pirates. Ces êtres abjects et sans Dieu sont prêts à tout pour quelques misérables pièces d'or, mais ils ne me font pas peur : j'ai appris en cachette à manier les armes et je saurai leur faire face. Tout du moins je ne donnerai pas ma vie sans rendre chaque coup ... Et puis notre sainte-barbe est équipée de canons, de poudre et de fusils, grâce à quoi nous saurons les affronter.

Mon désir d'aventure, cette folle excitation qui m'habite depuis des semaines, me portera dans ces moments cruels quand perdu au milieu de l'immensité de l'océan je n'aurai que mon courage et ma foi pour me soutenir.

J'espère, chère mère, que cette longue missive apaisera ton angoisse de perdre ton enfant, qui ne l'est plus, je te l'assure. Ma force et ma volonté d'accomplir ce périple exaltant, cette aventure que peu d'hommes peuvent se vanter d'avoir entrepris, la foi totale et absolue en mes amis, ainsi qu'en l'équipage avec qui je m'apprête à naviguer, l'impression de faire partie à part entière d'une autre famille qui prendra soin de moi, tous ces sentiments se mêlent et me portent loin de toi, mère, mais aussi loin de la peur qui pourrait m'entraver et me faire reculer.

Que Dieu te garde,
A toi, dans mon coeur

Ton fils

Jim


Fanny Maillard